Source de la liste des promesses: Le Soleil, 19 Août 2026
Neuf promesses à tenir dans les 100 premiers jours
- Augmenter le salaire minimum à 20 $ pour répondre à l’urgence du coût de la vie;
- Geler les hausses de loyer à l’inflation;
- Annuler la politique de retour au bureau de la CAQ visant les fonctionnaires;
- Créer un ministère des Femmes et de l’Égalité des genres afin de faire de la lutte contre les violences faites aux femmes une priorité;
- Fermer immédiatement le bureau du Québec à Tel-Aviv;
- Utiliser tous les leviers à la disposition du Québec pour bloquer les projets de pipelines et de gazoducs sur le territoire québécois; (Note de citoyen: Je suis en désaccord avec cette mesure)
- Lancer les consultations pour une Assemblée constituante, en collaboration avec les Premières Nations et les Inuit;
- Déposer le projet de loi pour instaurer un réseau commun en éducation;
- Déposer le projet de loi pour une réforme du mode de scrutin, afin que l’élection de 2026 soit la dernière au suffrage majoritaire.
Les neuf engagements annoncés pour les cent premiers jours constituent un programme ambitieux. Sur ces neuf mesures, sept — peut‑être huit, selon la définition exacte du « réseau commun en éducation » — s’alignent directement avec mes valeurs. C’est un score remarquable. On pourra toujours dire qu’il est facile de promettre la lune lorsqu’on ne possède ni fusée ni carburant pour s’y rendre, mais il faut reconnaître que l’ensemble est cohérent et porteur.
Je demeure toutefois en désaccord avec l’idée de bloquer les projets de pipelines et de gazoducs. Il est temps de sortir d’une vision provinciale étriquée et d’assumer pleinement notre rôle dans un pays qui restera le nôtre pour longtemps encore. Le Canada dispose d’un produit énergétique convoité et de marchés qui souhaitent l’acheter. Imaginer un port en eau profonde dans la baie d’Hudson, au Manitoba, pour contourner le Québec, serait un non‑sens environnemental. Le risque serait nettement supérieur, alors que le transport par pipeline demeure, de loin, la méthode la plus sécuritaire.
Les 100 jours : un objectif réaliste
À y regarder de près, la plupart des engagements ne nécessitent pas de résultats immédiats. Déposer un projet de loi n’équivaut pas à le faire adopter. Lancer une consultation avec les Premières Nations n’implique aucune obligation de résultat. Sur les neuf mesures, seules les cinq premières exigent une action concrète dans un délai court — et toutes peuvent être réalisées sans affrontements majeurs.
La création d’un ministère des Femmes relève exclusivement du premier ministre. L’annulation de la politique de retour en présentiel des fonctionnaires dépend du Conseil du trésor, et il est raisonnable de croire que les syndicats n’y feront pas obstacle.
Le gel des loyers : un chantier inévitable
Le gel des hausses de loyer à l’inflation risque de provoquer un débat vigoureux. Si la Régie du logement appliquait efficacement les mécanismes déjà en place, cette promesse serait superflue. Or, ce n’est pas le cas. Les associations de propriétaires monteront au front, et la loi devra être rédigée avec une précision chirurgicale pour éviter les rénovictions et les échappatoires.
Il faudra peut‑être aller plus loin : créer une agence publique du logement capable de reprendre les immeubles dont les propriétaires ne peuvent suivre la réglementation. Une agence de paiement des loyers pourrait également simplifier les relations locataires‑propriétaires : les locataires paient l’agence, qui redistribue les montants. Ce modèle permettrait un contrôle strict des revenus, une gestion des mauvais payeurs et même la déduction à la source — comme pour les pensions alimentaires.
Le salaire minimum à 20 $ : une mesure transitoire
L’augmentation du salaire minimum à 20 $ ouvre un terrain délicat où se croisent inflation, capacité de payer et compétitivité des entreprises. Fixer un montant arbitraire est une solution temporaire. Le salaire minimum devrait plutôt être indexé annuellement selon un indicateur clair, non partisan et prévisible.
On pourrait imaginer un mécanisme simple : l’inflation du panier d’épicerie mesurée au 15 décembre devient l’ajustement du salaire minimum appliqué le 15 février suivant. Les entreprises procèdent déjà à des ajustements annuels ; il serait logique que le salaire minimum suive la même logique. Les entreprises incapables d’offrir un salaire décent n’ont peut‑être pas leur place dans l’économie moderne.
Pour éviter les secousses, un système de plancher et de plafond pourrait être instauré : minimum 1 %, maximum 3 %, avec report des excédents. Une inflation exceptionnelle — comme les 8 % observés en période de pandémie — serait absorbée sur trois ans.
QS est-il un prétendant crédible?
Probablement pas encore. Il aura à faire le ménage de ses extrémistes, probablement un nouveau chef, et lâchez le porte-parole, il est temps de passer dans la cour des grands. Pour gouverner, il doit présenter des candidats qui sont capables d’êtres ministrables, autant au niveau économique qu’opérationnel. C’est leur grande faiblesse. Ils sont plus proches d’une association d’étudiants de CEGEP que d’un parti politique apte à gouverner. Mais n’étais-ce pas le cas de l’ADQ à ses débuts, devenu la CAQ et réélu avec une des grandes majorités modernes. Et idem pour le parti Québécois qui a profité d’un ensemble de circonstances, usure du pouvoir de Robert Bourassa, emprisonnement des chefs syndicaux, et autres.
De plus si on considère les autres partis, et si on élimine le facteur émotif ou d’habitude de voter pour un parti « établi », que reste t’il.
CAQ: Usée. Promesses rompues, SAAQCliq (et on pourrais ajouter n’a rien réparé du scandale RENIR), malgré la création d’un ministère de la cybersécurité, qui finalement a été le gestionnaire des plus grands scandales de ce gouvernement.
Libéral: Incapable de se trouver un chef. Ca prends des années pour en trouver un, qui a réussi à démontrer qu’il était fait de la même ADN que ses précédents. Actuellement, un chef non-élu, sans expérience politique, et peu entouré.
Parti Québécois: Alors qu’il s’enlignait pour une victoire écrasante avec un appui sans précédent de la population, son chef a été piqué par je ne sais quel moustique et a décidé de faire un référendum, coute que coute, lors de son premier mandat. En ce qui me concerne, il est sorti de la courte liste ce jour la. Dernière heure: il vient d’annoncer que le référendum n’aura pas lieu tant que Trump serait au pouvoir. Allons donc, qui croyait vraiment que le référendum aurait eu lieu avant le 20 janvier 2028, soit moins de 15 mois après l’arrivée au pouvoir. De plus, et c’est inacceptable, il subroge la politique québécoise à celle des États-Unis. Franchement, pour un indépendantiste qui prétends que nous sommes colonisés par le Canada, il est finalement, lui (PSPP) colonisé par Trump, qui décide de son agenda. Exit PQ.
Il faut cependant dire, que considérant que les deux autres grands partis (CAQ, Libéral) n’ont pas les qualités pour obtenir le pouvoir cette fois, le PQ pourrais très bien se faufiler vers un gouvernement minoritaire, considérant qu’il n’obtiendra pas les comtés anglophones, ni ceux de la région de Québec. Le bon coté, nous aurons peut-etre un gouvernement « des régions ».
Parti Conservateur: Ici, c’est intéressant. Le PC se trouve un peu sur le même terrain que QS. N’a pas encore l’étoffe d’un parti qui peut gouverner, mais pourrais le devenir. S’il accepte, comme QS devra aussi le faire, d’être moins extrémiste, ca pourrais éventuellement devenir une alternative intéressante. Leur défi sera de trouver des candidats qui ont la stature ministrable et de parvenir à devenir une opposition crédible. Alors, et à partir de ce moment, ils pourront penser à un gouvernement.
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